j'erre à travers mon beau paris

Antiguide de la ville

 

 

Serveur d'images, de souvenirs et de réflexions
surgis au hasard des rues

  • plume
  • monogramme

  • où « je me souviens »


    Au Théâtre de la Madeleine, Sami Frey donnait, le 5 novembre 2003, une des dernières du « je me souviens » de Georges Pérec.

    Exploit charmant. Cela existe depuis si longtemps que l'artiste aurait pu se lasser et ne plus revenir prononcer devant nous, dans sa propre mise en scène, ce monologue intérieur qui est l'image même des jeux obscurs de la mémoire.

    La voix « calme et grave » du comédien ; un endroit dont le nom rappelle inévitablement les lieux communs sur Proust et les réminiscences ; cette bicyclette enfin qui roule au rytme des souvenirs et d'un paysage sobre, plus qu'abstrait, tout prépare le spectateur à savourer son propre passé à la lumière de celui que Pérec et Frey lui livrent généreusement.

    Le sablier des souvenirs coule alors, à sa mesure, selon l'esprit du lieu, selon les états d'âme du spectateur, auditeur, rêveur. Irons-nous vers le haïkaï pour savourer son goût de l' « universelle impermanence » de nos mondes, l'interieur et l'extérieur ?

    Ou alors, ce serait le train des jours selon Musil…


    janvier 1948 - décembre 2003 - février 2019