j'erre à travers mon beau paris

Antiguide de la ville

 

 

Serveur d'images, de souvenirs et de réflexions
surgis au hasard des rues

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  • monogramme

  • en cherchant dans les cours les vestiges cachés et montrés


    M'as-tu vu ?

    Je montre au roturier qui s'aventure ici la haute antiquité aristocratique des habitants de ces lieux, rue de Berri, près des Champs Élysées.

    Chutes éternelles. Des chevaliers aux capitaines d'industrie et spéculateurs aux petits pieds ostensibles, à l'ombre prostituée des boîtes de nuit.

    La rue porte ce depuis 1852, donné en l'honneur du duc de Berry, fils du comte d'Artois, frère de Louis XVI. Aristocraties sans noblesse, d'Ancien régime ou d'Empire. Au XVIIᵉ siècle, c'était un chemin qui menait de Chaillot au Roule. On l'appela ensuite ruelle de Chaillot, parfois ruelle de l'Oratoire : elle longeait le jardin des Oratoriens. Les orateurs de 1848 la nommèrent rue de la Fraternité. Le temps, donc, d'un discours.

    Berri, Berry, Bourges, Jacques Cœur et ses comptoirs répartis le long de routes commerciales vers les pays les plus lointains : une mondialisation dont le centre règne loin des mers. Une renaissance, aussi, au milieu des guerres.

    L'État de Charles VII royalement endetté auprès d'un bourgeois riche en son palais rival. La dette maîtresse, déjà. Confiscation après un procès où le créancier au grand cœur de Jacques répondit du meurtre de sa belle maîtresse, Agnès Sorel au sein conquérant. Elle avait été, paraît-il, empoisonnée au vif argent. Ce fut un de ces moments où le mort saisit le vif. Où Mercure, dieu du commerce et des voleurs, montre aux hommes ce que le destin leur a réservé.





    À l'autre bout de Paris, se rencontrent d'autres vestiges, d'autres nostalgies, d'autres prétentions, dignes des aristocraties littéraires de 2016.






    janvier 1948 - juin 2016 - août 2016 - mars 2019