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Antiguide de la ville

 

 

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  • La chute de la maison Hollande


    Groom 

    Le chef de l'État capitule et ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2017.

    Dépêches aléatoires d'un localier dilettante

    1er décembre 2016

    DESCENTE AUX ENFERS DE L'ÉLYSÉE

    Ça avait mal commencé, il faut bien le dire. Avant une aventure lamentable dans un hôtel de New York, c'est Strauss-Khan qui était le favori des classes dirigeantes, en France et peut-être ailleurs. Hollande occupa le siège libéré. Et Hollande en tomba, quelques années et quelques dévastations plus tard. Le premier jour du mois de décembre 2016, il capitule et annonce qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle de 2017.

    Chute

    À l'Élysée, peu de temps avant l'annonce de l'étrange renoncement de Hollande.

    De gauche à droite : Hollande, Le Foll, Valls.

    Que l'auteur de cette image soit remercié de sa sagacité. Qu'il n'en veuille pas trop à monbeauparis.net de l'avoir publiée sans son accord préalable et même d'avoir omis de noter son nom au moment voulu, si bien que la photo n'est même pas créditée. Sur sa demande, ses droits d'auteur seront, bien entendu, respectés.

    Ceux qui attendaient du Shakespeare n'eurent que du théâtre de boulevard, au 20 heures des télés, pour une allocution du 1er décembre, qui restera peut-être dans l'Histoire. Non pour son record de médiocrité mais pour l'inauguration d'une ère nouvelle de la Vᵉ République : celle ou le chef de l'État n'attend même pas d'être battu, après avoir livré combat, et renonce, capitule, accomplit sans panache sa chute attendue. Aucun de ceux qui ont précédé Hollande à l'Élysée n'a affiché sa fausse autorité dans une telle clarté. Battu par ses adversaires, battu par ses amis qui, les uns après les autres lui ont donné des coups de canif qu'il a pris pour des coups de poignard, lui qui se croyait digne de Machiavel et des spadassins de la Florence renaissante. Lui qui avait hérité de tous les pouvoirs de l'État que la Vᵉ République concentrait en ses mains a su envoyer ses armées et ses bombes sur des peuples lointains et affaiblis. Mais il n'a pas su résister aux ambitions de ses proches et au désamour des couches dirigeantes du pays. Après avoir tout obtenu de lui, de l'État d'urgence à la loi travail, elles le rejettent comme on jette un objet de consommation courante.

    Mais d'où vient que les cercles dirigeants du pays, les capitalistes et bourgeois de toutes sortes, ont abandonné leur sauveur suprême, leur César, leur tribun d'occasion ?

    Le plus probable est que, dans les dîners en ville, dans les milliers de conversations à bâtons rompus qui entourent les conseils d'administration des sociétés anonymes, là où se forge, par une accumulation plus ou moins aléatoire de petites phrases, l'opinion publique de la bourgeoisie dominante et apeurée, le plus probable, donc, est qu'on s'est dit, là, que le zigoto de l'Élysée n'a plus rien à donner. C'est miracle s'il a pu obtenir que la loi travail passe à coup de 49.3 et que les grèves et manifestations à répétition n'aient pas convergé en grève générale. On se dit que, la prochaine fois, les barrages élevés un peu partout contre le déferlement de la colère, y compris aux sommets des confédérations ouvrières, ne tiendront pas éternellement. Qu'il vaut mieux une fois pour toutes en finir, par exemple, avec ces syndicats d'un autre siècle, comme la Vᵉ République a tenté d'en finir avec cette République de plus de deux siècles d'âge.

    Qu'il faudra bien qu'enfin les travailleurs soient tous alignés sur ceux qui, sans contrat de travail, ni individuel ni collectif, livrent à vélo, hiver comme été, des pizzas et des repas à des gens qui les ont commandés sur les plate-formes de l'économie numérique et atomisée.

     


    23 janvier 1948 - décembre 2016 - mars 2020