j'erre à travers mon beau paris

Antiguide de la ville

 

 

Serveur d'images, de souvenirs et de réflexions
surgis au hasard des rues

  • plume
  • monogramme

  • baigné dans un flot de faits divers


    Gestes 

    Foire internationale d'art contemporain 

    (FIAC)

    Dépêches aléatoires d'un localier dilettante 

    24 ocotbre 2014

    GESTES BREVETÉS

    Gestes  

    C'est là que vous apprenez que vos gestes quotidiens peuvent être brevetés, commercialisé, plongés dans « les eaux glacées du calcul égoïste ».

    Pour la foire internationale d'art contemporain, Julien Prévieux, a mis en scène, en images et en pensée « les formes comportementales réglées de notre quotidien ». L'œuvre a pour titre « What Shall We Do Next ? ». Danse, arts plastiques, technologie et expériences explorent ces mouvements du corps que vous accomplissez sans songer à quel point ils vous révèlent, vous et l'état de la société dans laquelle vous vivez.

    En deux mots, c'est un travail qui prend pour point de départ les gestes par lesquels les hommes commandent les machines, tels qu'ils ont été imaginés, par exemple dans les films de science fiction. Des danseurs les accomplissent, stylisés, agrandis, rythmés. Ainsi des forment deviennent-elles style.

    L'artiste a été récompensé, le 25 octobre, par le prix Marcel Duchamp, décerné par l'Association pour la diffusion internationale de l'art français.

    La documentation qui accompagne l'œuvre vous apprend que Julien Prévieux a « prélevé » certains gestes sur le « site de l'agence américaine de la propriété industrielle ». Des sociétés, surtout « dans le domaine des nouvelles technologies », ont obtenu que ce soient des « gestes brevetés ».

    De quoi vous plonger dans un abîme de perplexité.

    Le deuxième module de « What Shall We Do Next ? » explore les questions que pose aux artistes la propriété des gestes qu'ils créent ou qu'ils interprètent.

    Un procès, en 1997, a opposé l'héritier d'une chorégraphe à la compagnie qu'elle avait créée. Il s'est conclu de façon assez favorable à la compagnie, ce qui n'a pas empêché que les artistes s'interrogent.

    Julien Prévieux résume-t-il leurs incertitudes :

    «Mais qui possède ces gestes ?

    Les compagnies de danse ?

    Leurs conseils d'administration ?

    Les commanditaires ?

    Est-ce que les chorégraphes possèdent tout ou partie de leur travail ? »

    La performance a été « écrite en collaboration avec et interprétée par Kestrel Leah, Jos McKain, Samantha Mohr et Andrew Pearson ».

    Pendant que la foire internationale d'art contemporain montrait ce qui se vend de mieux, la SNCF annonçait qu'elle allait nous regarder mieux.

    Sa filiale iDTGV va équiper ses agents de Google Glasses et ils testeront ces lunettes voyeuses pour contrôler les billets des passagers avant leur montée dans les trains.

    Le contrôleur, pour prendre le nom ancien de ces agents désormais très spéciaux, saura votre nom, votre prénom, votre date d'anniversaire au moment où vous grimperez dans la voiture où vous aurez réservé une place : tout cela, et quoi d'autre encore ? s'affichera pour lui sur ses lunettes. Ne vous étonnez pas si vous lui trouvez un regard étrange !

    Dans le langage inimitable du business contemporain des arts indiscrets, la compagnie assure que son « objectif est de tester pendant plusieurs mois l'apport de cette nouvelle technologie sur le relationnel entre personnel et voyageurs ». Le relationnel. C'est quand même plus évocateur d'humanité profonde que « relation ».

    Qui sera le propriétaire des droits sur le nom de Hegel ?

     

    Hegel

    Foucault

    Schopenhaur

    Table

    Cartel


    23 janvier 1948 - septembre 2019 - décembre 2019