j'erre à travers mon beau paris

Antiguide de la ville

 

 

Serveur d'images, de souvenirs et de réflexions
surgis au hasard des rues

  • plume
  • monogramme

  • et à Palerme


    Charles Ier, comte d'Anjou et comte de Provence, frère de Saint-Louis fut désigné roi de Naples et de Sicile en 1266. Ainsi prit place dans l'Histoire un nouvel usurpateur.

    «  Plût au ciel que le lecteur, enhardi », s'aventure ici sans haine et sans crainte dans le récit d'une de mes vies et connaisse ma vérité royale.

    « 
    Hommes de l’avenir souvenez-vous de moi
    Je vivais à l’époque où finissaient les rois
    Tour à tour ils mouraient silencieux et tristes
    Et trois fois courageux devenaient trismégistes
     »


    Un de mes bons sujets de Paris faisait commerce des chevaux. Il fit poser pour m'être agréable une mosaïque à la manière de celles de la cathédrale de Monreale. Je n'y vis pas malice car, venant de Palerme, mon cœur et mon âme étaient encore transportés par la grâce qui m'avait là-bas atteint dans mon éternité.

    Lui qui connaissait les secrets de mes existences successives, affrontait à sa manière les aristocrates malfaisants qui annonçaient par leurs lâchetés la défaite définitive de la Noblesse.

    Véritable roi de la Sicile immémoriale, j'ai décidé souverainement de rejeter, il y a bien longtemps, le nous de majesté. J'affirme ainsi ma volonté propre alliée à celle de mes sujets, sur le monde et sur les siècles.

    Malgré la forfaiture d'Anjou et de son frère, j'accorde ma grâce bienveillante à Paris pour m'avoir dédié une de ses rues. Cette voie est proche de celle des francs-bourgeois ainsi nommée par facétieuse antiphrase digne de cette ville, véritable Jérusalem de l'intelligene. Le contraste de ces noms voisins dans l'espace géographique illustre la majesté historique de mon nom. J'ai choisi d'ailleurs de n'en porter aucun autre, au contraire de mes prédécesseurs à la tête de mon cher et vieux royaume.

    Après quelques siècles passés au loin, je suis revenu à mon île.

    Puisqu'en écrivant ici, c'est un « je » que j'adresse à mon lecteur, il est dans l'ordre des choses que « tu », lecteur enhardi, reçoives ces mots personnellement, indivisiblement. Car toi qui es venu ici, à partir de ma rue du Marais à Paris. Je te considère désormais comme mon frère. Le cas échéant, comme « mon enfant, ma sœur ».

    Aux Quatro Canti, Charles Quint, Philippe II, III et IV veillent. Ils forment pour moi le quatuor de Palerme. Des personnages devenus incompréhensibles pour tous ceux qui passent sous leurs statues. Aussi incompréhensibles qu'étaient leurs sujets pour ces monarques de passage dans l'Histoire.

    Mon retour sur mon île a commencé avec le mois d'avril de l'année 2017 de leur seigneur. J'ai marqué d'une croix ce jour de joie, à la coisée des chemins du temps et de l'espace. Quattro canti.

    Quatre coins, quatre façades illustrées en décor de théâtre avec carré de rois, quatre saisons et quatres saintes catholiques aux regards ambigus et inaccessibles.

    Voici une invitation au voyage.



    janvier 1948 - octobre - novembre - décembre 2018 - janvier 2019